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19 Jan

L'AMOUR DU VIN

Publié par Guide du Vin

L'AMOUR DU VIN

Depuis le temps que j’arpente les vignobles, que je vois des rigolos commenter n’importe quoi, encenser des vins inabordables (et imbuvables) sous prétexte d’avoir été bien reçu, d’être impressionné par un tarif hors normes affiché, ou, tout simplement, pour exister, je me soucie de plus en plus des vignerons authentiques, simples, qu’ils soient riches ou non, réputés ou non. Ceux-là, bien sûr, sont la fierté de notre pays tant ils sont attachés à trois valeurs, primordiales, que d’autres producteurs ont bien du mal -encore- à assimiler :


- La qualité réelle de leurs sols : un terroir, cela ne se crée pas, il en existe ou pas, voilà tout. Son osmose avec un cépage crée ce que nous buvons : un vin racé ou non. Pour exemple, si personne n’a planté, auparavant, de Gewurztraminer ou de Chardonnay en Languedoc, il y a une raison : il faut, pour créer de grands blancs avec ces cépages, une climatologie propre, et relativement froide. On peut se demander également ce que vient faire le Cabernet-Sauvignon en Provence... On voit aussi, par exemple, pourquoi Latour est différent d’un autre Pauillac.


- Un vignoble, c’est un homme (ou une femme) qui crée un vin, se passionne pour cela, et le fait partager, pour gagner sa vie, certes, mais toujours avec un sens patrimonial conséquent. Pas un “business-plan” ni une société capitalistique qui existe pour engranger des profits, s’acheter des sculptures, frimer dans des salons ou éviter l’Isf.


- Un grand vin, en soi, cela n’existe pas : il n’y a que les vins racés, et les autres. Et heureusement, sans cela, on n’aimerait que les vins que certains “critiques” nous vantent comme les meilleurs (bizarre, ce sont toujours les mêmes) ! C’est une histoire de goût, de moment, d’humeur, de partage, d’expérience. Et, pour parler de ce que je connais, c’est grâce à cette philosophie que, chaque jour, chez moi, j’ai envie de me me faire plaisir avec des vins totalement différents, qui valent, qu’importe, 10 ou 100 euros : un Pauillac, un Muscat du Cap Corse, un grand rosé de Provence, un Sancerre qui sent le silex, un Puligny suave ou un Chablis minéral, un Gevrey qui sent la griotte, un Côte-Rôtie qui peine à se dévoiler, un Morgon marqué par sa prune, un Pomerol par la truffe ou un Saumur-Champigny qui fleure la violette, un Pessac chaleureux comme un Champagne qui sent sa “craie”... la liste est longue, elle regroupe toute la France. C’est cela, le vin : le plaisir d’accéder à cette spécificité territoriale unique, rien d’autre. Et le faire partager.

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